1. Préambule
Rappel des obligations de la collectivité compétente
Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) instaure la responsabilité des communes pour la collecte et le traitement des déchets des ménages (Article L2224-13 du CGCT). Cette compétence est obligatoirement transférée à l’établissement public de coopération intercommunale à laquelle appartient la commune.
Le service public de gestion des déchets peut prendre en charge d’autres déchets qui n’entraînent pas de « sujétions particulières » (article L.2224-14 du CGCT) :
- Les déchets générés par les services de la collectivité
- Les déchets assimilés
Les producteurs non ménagers sont responsables de la gestion de leurs déchets (article L541-2 du Code de l’Environnement)
Prévention
Les enjeux de la prévention des déchets, « le meilleur déchet étant celui qui n’est pas produit », se retrouvent notamment dans :
- Les objectifs de réduction des OMR dans le Plan de Prévention et de Gestion des Déchets Non Dangereux
- La volonté de tendre vers le « Zeru frazu » pour une île propre et une société « durable »
Déchets concernés par la collectivité
Déchets ménagers :
Déchets produits par une activité domestique quotidienne d’un foyer (résidence principale ou résidence secondaire) ou d’un touriste.
Déchets de la collectivité :
- Déchets des espaces verts publics
- Foires et marchés
- Nettoiement et voirie
- Déchets d’assainissement
Déchets assimilés : déchets des entreprises (artisans, commerçants, bureaux, etc.) et des déchets du secteur public (administrations, hôpitaux, etc.) être collectés dans les mêmes conditions que les déchets ménagers (caractéristiques et quantité)
Si la collectivité a une obligation de collecte pour les déchets ménagers, elle n’en a aucune pour les déchets dits assimilés. Pour ces derniers, elle est libre de fixer les limites des prestations qu’elle assure.
Pour les déchets autres que les déchets assimilés, des filières REP sont déjà en place pour certains types de déchets et des éco-organismes dédiés existent. Pour les déchets non concernés par les filières REP, les producteurs doivent assurer l’élimination de leurs déchets. Si la collectivité propose une gestion des déchets professionnels (autres que les assimilés), elle engage des frais pour une intervention qui est hors de son champ de compétence.

Pré-collecte et collecte
L’organisation du service public (flux collecté, fréquences, etc.) est fixée par la Collectivité, qui décide quelles sont les modalités d’enlèvement de chaque flux collecté :
- Collecte en porte-à-porte avec ou sans mise à disposition de contenants
- Collecte en borne d’apport volontaire (exemple le textile)
- Collecte en déchèterie
Valorisation et traitement
Les EPCI à compétence déchets peuvent transférer la compétence traitement à un syndicat. En Corse, le SYVADEC (Syndicat de valorisation des déchets de Corse) est en charge de la valorisation et du traitement des déchets pour 328 communes sur 360.
Financement
La Collectivité en charge de la collecte instaure le mode de financement (Budget général, TEOM ou REOM). La Collectivité peut mettre en place un financement incitatif :
- Objectif de La loi relative à la Transition Energétique pour la Croissance (LTECV) : 15 millions d’habitants en 2020 en Tarification Incitative et 25 millions d’habitants en 2025
2. Présentation des filières REP et des partenaires des collectivités
Pour certains flux de déchets ménagers et assimilés ou de déchets professionnels, des filières appelées filière à responsabilité élargie des producteurs (REP) existent. Pour ces filières REP, les producteurs, importateurs ou distributeurs ont obligation de pourvoir ou de contribuer à l’élimination des déchets. Cette prise en charge peut se traduire par des aides financières aux Collectivités reversées par les ECO-ORGANISMES en charge des différentes filières.
Les filières existantes sont présentées dans le graphique ci-dessous.

Source ADEME
Le tableau suivant présente le panorama des flux et des filières existantes en Corse ainsi que les entités en charge de la collecte et du traitement.
Déchets ménagers et assimilés | Existence filière REP | Eco-organisme le cas échéant | Entité en charge de la collecte | Entité en charge du traitement | Lieu de prise en charge |
---|---|---|---|---|---|
OMR | Non | Collectivité | Collectivité ou SYVADEC | Selon organisation de la collectivité | |
Biodéchets si collecte spécifique | Non | Collectivité | Collectivité ou SYVADEC | Selon organisation de la collectivité | |
Emballages ménagers | Oui | CITEO | Collectivité | Collectivité ou SYVADEC | Selon organisation de la collectivité |
Papiers graphiques | Oui | CITEO | Collectivité | Collectivité ou SYVADEC | Selon organisation de la collectivité |
Verre | Non | Collectivité | Collectivité ou SYVADEC | Borne d'apport volontaire | |
Déchets ménagers d'ameublement | Oui | ECO MOBILIER | Collectivité ou SYVADEC | Collectivité ou SYVADEC | Déchèteries |
Encombrants hors déchets ménagers d'ameublement | Non | Collectivité ou SYVADEC | Collectivité ou SYVADEC | Déchèteries | |
Textiles linges et chaussures | Oui | ECO-TLC | ECO-TLC | ECO-TLC | Borne d'apport volontaire |
Déchets verts | Non | Collectivité ou SYVADEC | Collectivité ou SYVADEC | Gestion de proximité ou déchèteries | |
Bois | Non | Collectivité ou SYVADEC | Collectivité ou SYVADEC | Déchèteries | |
Gravats | Non | Collectivité ou SYVADEC | Collectivité ou SYVADEC | Déchèteries | |
DEEE | Oui | OCAD3E (éco-organisme coordonnateur) | Collectivité ou SYVADEC | Éco-organismes | Déchèteries reprise 1 pour 1 |
Piles et accumulateurs | Oui | SCRELEC (et COREPILE mais non présent) | Éco-organisme ou SYVADEC | SCRELEC | Déchèteries Écoles élémentaires Structures publiques (administrations, mairies), entreprises, commerces de proximité et autres écoles, Supermarché |
Autres déchets | Existence filière REP | Eco-organisme le cas échéant | Entité en charge de la collecte | Entité en charge du traitement | Lieu de prise en charge |
---|---|---|---|---|---|
Palettes | Non | SYVADEC / Prestataire | SYVADEC / Prestataire | Déchèteries/Sur site | |
Pneumatiques usagés | Oui | ALIAPUR | ALIAPUR | ALIAPUR | Reprise 1 pour 1 par les garagistes |
Automobiles (VHU) | Oui | Centres VHU* | Centres VHU* | Centres VHU* | Centres VHU agréés (9 en Corse) |
Mobil-homes | Oui | ECO MOBIL HOME | ECO MOBIL HOME | ECO MOBIL HOME | Sur site |
Bateaux de plaisance et de sport | Oui | Mise en œuvre effective de la REP navire au 01/01/2019 | Mise en œuvre effective de la REP navire au 01/01/2019 | Mise en œuvre effective de la REP navire au 01/01/2019 | Sur site |
Déchets du BTP | Oui | Distributeurs** | Distributeurs** | Distributeurs** | Reprise par les distributeurs |
Gaz fluorés | Oui | Opérateurs agréés | Distributeurs | Sur site | |
Cartouches d'impression | Oui | SYVADEC | Déchèteries | ||
Bouteilles de gaz | Non | Distributeurs | Distributeurs | Reprise 1 pour 1 | |
Produits chimiques | Oui | EcoDDS APER PYRO | SYVADEC | EcoDDS APER PYRO | Déchèteries/Sur site |
Déchets d'activités de soins à Risque Infectieux | Oui | DASTRI | DASTRI | DASTRI | En points de collecte |
Médicaments non utilisés | Oui | CYCLAMED | CYCLAMED | CYCLAMED | En pharmacie |
Déchets professionnels d'ameublement | Oui | VALDELIA | VALDELIA | VALDELIA | Sur site |
** : Les distributeurs de matériaux de construction à destination des professionnels sont tenus de reprendre les déchets issus des mêmes types de matériaux vendus.
3. Des outils à disposition des collectivités pour faire respecter les consignes de tri et de collecte
Règlement de collecte
- Règlement de collecte = règles du jeu pour expliciter les services disponibles aux usagers
- Document à approuver par Délibération
- Proposer une version « publique » pour communiquer avec les usagers, en ligne sur le site internet de chaque Collectivité
Prévu au code Général des Collectivités Territoriales, et articles L. 5214-16 et suivants, L.2224-13 et suivants, L.2333-76 et suivants
Gestion des dépôts sauvages
Le principe général de responsabilité (Article L 541-2 du Code de l’Environnement) est que tout producteur ou détenteur est responsable de la gestion de ses déchets jusqu’à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. Il doit s’assurer :
- Que leur gestion est conforme à la réglementation
- Que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge.
Dans le cas contraire, il est solidairement responsable des dommages causés par ces déchets (L. 541-23 du Code de l’Environnement).
Les dépôts sauvages résultent d’actes d’incivisme de particuliers et se caractérisent par l’absence de gestionnaire du site sur lesquels ils sont déposés : tout dépôt de déchets qui ne relève pas d’une activité organisée peut être sanctionné au travers des pouvoirs de police administrative des maires.
Appliquer le pouvoir de police
Lorsqu’il est investi de pouvoirs de police administrative, le maire est la seule autorité susceptible d’émettre des mises en demeure ou de prendre des sanctions.
Les infractions peuvent être sanctionnées :
- sur le plan pénal
- sur le plan administratif
Lorsqu’est constaté un dépôt sauvage, la démarche pénale peut être enclenchée par la transmission d’un procès-verbal de constat au Procureur de la République :
- Le procès-verbal est dressé en fonction des circonstances au titre de plusieurs réglementations qui sanctionnent le dépôt illégal ou l’abandon de déchets : Code Pénal, Code de l’Environnement et Code Forestier
Simultanément, sur la base d’un rapport de constatation, le maire peut enclencher la procédure de sanction administrative telle qu’elle est prévue à l’article L 541-3 du code de l’environnement.
Le pouvoir de police du maire peut être transféré à l’EPCI en charge de la collecte pour une intervention cohérente à l’échelle de la collectivité en charge de la gestion des déchets.
Pour aller plus loin